Bénin Europe gagnant gagnant

jeudi 6 août 2020 , par mathieu dans Pleins feux sur la création documentaire alternative


Bande annonce


"Benin-Europegagnant-gagnant" 54mn44 :

(English subtitles)

A Parakou une ville du nord du Bénin Thérèse Gbodogbe est propriétaire de la boulangerie St Antoine de Padoue. Elle accueille le formateur français James Forest dans son atelier posé au bord d’une route encombrée de camions qui transitent vers le Niger. Boulanger–botaniste James est chargé d’animer un atelier expérimental de fabrication de pain à base de farines locales de mil, maïs, sorgho. La méfiance et la stupeur des participants collègues ou concurrents de Thérèse cède vite la place à l’enthousiasme à la vue des pains sortis du four faits à base de mil et sans levure chimique. L’exploration se poursuit dans les campagnes environnantes qui révèlent un système économique agricole efficace mais différent du modèle européen. Plusieurs milliers de kilomètres plus loin Ibrahima Coulibally intervient lors d’une séance du parlement européen à Bruxelles pour défendre la souveraineté alimentaire de son pays. L’Union Européenne voudrait avec les ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE (APE) pousser les états africains à supprimer leurs barrières douanières. A travers les parcours personnels de Thérèse Gbodogbe et du boulanger Aubin Adockounou, apparaît un autre visage de l’Afrique sub -saharienne. Loin d’un portrait misérabiliste, cette approche du secteur de l’agriculture au Bénin déconstruit nos préjugés sur le concept de pays sous-développés, et critique l’aide au développement qui masque mal un néo-colonialisme toujours fort. Cette mise en perspective des valeurs et des modèles culturels européens et africains, nous éclaire nous, français, sur les défis agricoles et environnementaux majeurs auxquels nous devons faire face.
Documentaire, 52 mn 2019, réalisation Mathieu Soudais

Que vaut vraiment une agriculture industrielle mécanisée européenne qui nécessite de grandes parcelles sans arbres ? Assure-t-elle la subsistance de 10 millions de personnes comme le fait l’agriculture vivrière au Bénin avec son micro-parcellaire, ce paysage ou l’arbre a toute sa place et son utilité en terme de préservation des sols et de fertilisation ?
Ce film porte un regard influencé par le cinéma du réel sur un quartier suburbain et un village Béninois.
Ce documentaire devient tour à tour enquête puis fable où les mots croisent un bestiaire du quotidien. Où un atelier devient un rite initiatique. Où la parole tantôt corsetée pour la diplomatie tantôt scandée dans les rues, chantée et portée par le vent des collines du Bénin.


/////PROCHAINES PROJECTIONS//////

- 15 mars 18h Cinécagire à Aspet
- 19 avril Festival International du Film Panafricain, CANNES Reporté au merc 28 octobre 11h
- 27 avril 20h Utopia-Borderouge Toulouse
- 7 mai Cinéma le Régent, St-Gaudens
- 4 décembre Festival du Cinema COTONOU (BENIN)

- novembre 2020 Festival Rebiap à Parakou Bénin E TELE
Contactez-nous si vous souhaitez organiser une projection.

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1 commentaire

  • Sale temps pour la CEDEAO

    par mathieu 23 octobre 16:22

    Sale temps pour la CEDEAO
    (Communaté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest)
    par Dr Cheikh Tidiane Dieye, ENDA-Cacid

    L’Afrique de l’Ouest, notre grande et belle région, est sens dessus-dessous. On n’a pas fini d’épiloguer sur les graves crises politiques et sociales qui minent plusieurs pays de la région et causent des dizaines de morts, qu’un autre problème, économique cette fois-ci, vient s’ajouter à nos défis.

    La Côte d’Ivoire vient en effet de signer un accord de partenariat économique ( APE) avec la Grand Bretagne. Cet accord négocié à la hâte, sans en informer les structures compétentes de la CEDEAO, est calqué sur le modèle de l’APE intérimaire qu’elle a signé avec l’Union européenne.

    Nul ne peut comprendre cet empressement à signer cet accord alors que la Grande Bretagne elle-même n’a pas encore trouvé un accord avec l’UE pour organiser les conditions de leurs échanges commerciaux.

    De surcroît, avec l’Union douanière déjà fonctionnelle dans la CEDEAO, aucun pays ne devrait plus se donner le droit de s’engager unilatéralement dans un accord commercial sans que ce dernier ne soit porté par la CEDEAO.

    En fin, alors que les effets de l’APEi de la Côte d’Ivoire avec l’UE sur le commerce intra-régional n’ont pas encore fini d’être documentés et que les implications de la mise en œuvre de la Zone de libre échange continentale (ZLECAf) n’ont pas révélé tous leurs secrets, voilà qu’un pays aussi important que la Côte d’Ivoire se lance dans une fuite en avant que rien ne saurait justifier.

    Pour de nombreux dirigeants africains, hélas, l’intégration n’est qu’un slogan répété à longueur de sommets et de conférences pour être dans l’ère du temps. Ils n’y croient pas. L’intérêt national, pour ne pas dire l’intérêt personnel, prime sur tout le reste.

    La CÉDÉAO est entrain d’être détruite lentement, mais sûrement, par ses dirigeants. Et aucun mécanisme ne permet aux peuples de donner leurs avis. Le rêve de la CEDEAO des Peuples à la place de la CEDEAO des États s’est mué en cauchemar. Nous sommes dans la CEDEAO du Club des Chefs d’Etat.

    Guinee, Mali, Côte d’Ivoire, Nigeria, etc. ça suinte de partout et si nous n’y prenons garde, tout risque de s’écrouler, plus tôt qu’on ne le croit.

    Je n’ai jamais cru aux théories du complot que des forces extérieures fomenteraitent contre l’Afrique, lequel expliquerait tous nos problèmes. Je crois en revanche qu’il existe de véritables stratégies mise en œuvre par des États, des groupes d’intérêts politiques et financiers étrangers, ayant de solides relais et complices locaux qui leur ouvrent nos portes. Et nos dirigeants, s’ils ne sont pas les complices de ces intérêts, ne font rien contre eux par manque de vision, d’intelligence stratégique et souvent de courage.

    Voilà pourquoi nous sommes tous en danger.

    par Dr Cheikh Tidiane Dieye, ENDA-Cacid

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