TV BRUITS

Accueil > VIDEOS > EXTERIEUR A TV BRUITS > TOUS LES UNIFORMES NE SONT PAS BLEUS

TOUS LES UNIFORMES NE SONT PAS BLEUS

Collaboration entre les syndicats et la police lors de la manifestation européenne à Bruxelles

samedi 2 octobre 2010, par Patrick

Attention : les films de cette rubrique ne peuvent être reproduits ailleurs qu'avec l'autorisation de leur(s) auteur(s).

« Ce ne sont pas les « excès » révolutionnaires du prolétariat, c’est au contraire la carence de ses mauvais bergers qui a contribué à la victoire du fascisme. »

- Daniel Guérin
- La peste brune

1954

durée 9min07

Tous les uniformes ne sont pas bleus

Les actions menées dans le cadre du camp No Border de Bruxelles se sont toutes heurtées à l’heure qu’il est à des effectifs policiers nombreux et agressifs. Rien de surprenant, a fortiori dans le pays qui refusa l’asile à Semira Adamu dont la manifestation de dimanche devant le centre fermé du 127 bis commémorait l’assassinat. La police belge n’a pas la réputation d’être outrancièrement humaniste quoi que clame la propagande de l’actuelle présidence de l’Union européenne. Mais si chacun sait que le petit pays « aux valeurs progressistes » est peu à peu livré à des tribuns d’extrême droite qui camouflent en menace de scission la même réforme ultra-libérale que partout ailleurs, on avait négligé de souligner la veulerie particulière qu’occupe le monde syndical dans ce brillant tableau.

Ne soyons pas trop sévères avec nos apparatchiks. Ils sont parfois un peu dépassés par la xénophobie téléguidée de leurs affiliés et l’alcool des grandes marches défrayées fait parfois dire des bêtises. D’ailleurs, la grande manifestation contre les politiques d’austérité en marge du sommet ECOFIN de ce mercredi avait commencé dans un louable effort de convergence. La direction du gros syndicat belge avait accordé à un groupe anticapitaliste du nom de United Precarity de pouvoir défiler avec les autres. Elle a même confirmé cet accord au départ du cortège lorsque les anticapitalistes non encartés étaient d’emblée bloqués par la police. Mais on murmure que cet accord n’avait pas résisté quelques heures avant, lors de la réunion de préparation avec les autres syndicats européens. Pauvre Belgique, seule à vouloir l’humanisme ! On se demande s’il n’était pas un peu contradictoire de maintenir cet accord tout en laissant courir dans les cordons de sécurité entourant le cortège la consigne de ne laisser s’approcher aucune brigade de clowns de la très sérieuse procession. Et si cette consigne est tout à fait étrangère à l’arrestation préventive de 30 clowns à leur sortie du camp No Border.

Que de questions que n’ont su résoudre devant nos caméras ces chevaliers de la solidarité, très occupés à disperser le bétail autour de cinquante personnes agressées et arrêtées par la police sans aucune raison apparente. La raison administrative qui leur a été donnée lors de leur libération le soir-même, avec quelques bleus en souvenir, est bien entendu « le trouble à l’ordre public ». On en arriverait presque à le détester cet ordre, à force de nous le voir resservi à chaque mouvement suspect. Mais il comprend donc la liberté pour les syndicats de contester entre soi. On nous dira : et les cagoules noires ? Les vitres cassées ? Les débordements ? et l’on répondra que, tout No Border que fut en partie le bloc United Precarity agressé ici, le noir y faisait bon ménage avec le rose des joueurs de samba qui, en première ligne se sont bêtement exposés à recevoir les premiers coups de matraque. Que de vitre cassée, pas une, pas même par la police déguisée, qui n’a même pas pris la peine cette fois-ci de justifier a posteriori la répression. Quant au débordement, oui, on voit bien que tout déborde de plus en plus dans cette société de vieillards stupides, à commencer par le fait d’être un peu trop jeune, un peu trop vivant, dans une société prise en otage par la finance et le profit où plus rien n’a le droit de respirer. Ce n’est pas les quelques affiliés du syndicat français Sud arrêtés dans la mêlée qui diront le contraire, ni les quelques métallos de la CGT qui n’avaient peut-être pas totalement oublié Emile Pouget en passant par là. Ceux-là au moins n’usurpaient pas les beaux slogans de solidarité que se sont contenté de porter les autres. Ils étaient une dizaine. Sur 100 000 ?

Laisser un message, un commentaire...

8 commentaires
  • TOUS LES UNIFORMES NE SONT PAS BLEUS 2 octobre 2010 22:23, par den

    J’ai cinquante ans, et c’est à vomir de honte et de rage.
    Mais la ronde mortifére de la bête, contamine à l’heure actuel tous le corps social.
    Ils nous laissent pas le choix, l’affaire est entendue, desormais ils nous faudra prendre les armes, Afin de tuer dans l’oeuf, ce monstre antrophophage, pour que nos jeunes, puissent trouver une place et que la danse de la vie reprenne ces droits.
    Je vous aime jeunesse, mais la plupart de nos contemporains sont contaminés, aveugles et sourds. Ils ne sont plus que des enveloppes vides de toutes émotions, petites fourmies servilent, gardiens de cette société sous vide, à l’images des spycopates qui nous gouvernent et saignent le monde.

    Répondre

  • Merci pour tout, comme dirait André...

    Répondre

  • Une petite précision : l’agression à laquelle on assiste ici avait pour but du point de vue de la police d’extraire le bloc anticapitaliste de la place qu’il devait initialement occuper dans le cortège (derrière les métallos) et qu’il tentait de rejoindre contre l’ordre de la police. La place assignée au groupe par la police lors de sa première arrestation était en queue de cortège, bien entouré par les très nombreux flics mobilisés. C’est pour ne pas avoir voulu se plier à cette injonction (où le mélange des genres et des casquettes continue de poser problème... ) et avoir remonté le cortège pour reprendre sa place que le groupe a donc été neutralisé.
    On peut ajouter qu’il en va des police et des Etats comme la compensation à des traits physiologiques mal assumés que compensent certaines personnes par l’achat de grosses voitures. Plus l’Etat est petit (et en l’occurrence mal en point) plus on veut une répression ferme, c’est-à-dire du n’importe quoi. Un pays comme la Belgique ne veut avoir ni les moyens ni même la nécessité d’avoir par exemple une police anti-émeute formée et payée correctement. On voit d’ailleurs que cela suffit de plus en plus rarement à donner du sang-froid et de la pondération aux polices européennes. Mais la belge ne se classerait pas très haut dans l’échelle du sens des responsabilités. Des jeunes femmes ont été déshabillées et humiliées dans un commissariat de Bruxelles ces derniers jours, toujours en marge du No Border. On peut dire qu’à côté de ça, les coups de matraque de la Porte de Hal étaient encore de l’ordre de la paranoïa et de l’inquiétante généralisation du principe de l’arrestation préventive. Mais là, on touche à l’inadmissible, où l’assouvissement du sadisme machiste tient lieu d’exercice professionnel.

    Répondre

  • Nous ici , en France, on a des manifs propres, tranquilles, on peut se promener en parlant de la pluie et du beau temps, on a des beaux drapeaux, des beaux camions, des sonos qui nous indiquent les slogans pour qu’on disent que des choses bien, et tout se passe très très bien...

    Si jamais ça se passe mal, c’est de la faute de provocateurs qui n’ont que ce qu’ils méritent... Et qu’on dénoncera sans faillir

    Bon, à la fin de la manif, au moment de la dispersion, on a comme un sentiment de s’être fait avoir encore une fois...

    Mais on oublie vite, jusqu’à la prochaine manif, parce que nous ici en France, on a des manifs propres...

    Merci pour tout !
    (Comme je dis ;=}} )

    Répondre

  • TOUS LES UNIFORMES NE SONT PAS BLEUS 4 octobre 2010 16:59, par Herced Rico

    Honteux pour la CGT !

    "Les policiers sont des travailleurs comme les autres." Il aurait dû ajouter : "Allez taper sur les chômeurs, les précaires, les jeunes et les précaires, nous on aura notre retraite pépère, le fauteuil, le chien, la résidence secondaire."

    Et si ce mec s’était fait taper, il aurait dit quoi ? "Faites votre boulot les gars, tapez plus fort".

    Si un jour ça tape plus fort, ces vieux, ils seront derrière leur télé en râlant contre les jeunes cons qui donne du travail au flic.

    Répondre

  • "en concertation" 6 octobre 2010 09:23

    La Ministre de l’intérieur Annemie Turtelboom, interpellée sur les violences policières de la semaine par la députée fédérale ecolo Zoé Genot :

    "Le 29 septembre, une centaine d’anarchistes qui s’étaient rassemblés en queue de la manifestation des syndicats européens ont fait l’objet d’une arrestation administrative en concertation avec les organisateurs de la manifestation. "

    La parole est aux organisateurs...

    Répondre

    • "en concertation" 6 octobre 2010 20:56, par Louise Michel

      Ils ne sont pas tous bleus... sauf pour les aveugles et les daltoniens de la CFDT ! Ca me fout la haine !

      LES MILICES

      Préparez vos fusils et créez vos milices
      Nostalgiques du tir et chasseurs sans gibier
      Des fois que des loubards viendraient dans le quartier
      Suivez votre penchant, soyez de la police

      A l’abri des volets de vos pavillons tristes
      Meublez vos insomnies jusqu’au jour incertain
      Car la rue est peuplée de sombres anarchistes
      De Noirs, de Portugais et de Nord-Africains

      Vous, vous êtes français, français à part entière
      Même anciens combattants et parfois résistants
      Et cet obscur chemin de torture et de sang
      Certains le referaient s’il était à refaire

      Vous avez mérité avant le dernier souffle
      De vivre dans le calme et la tranquillité
      D’endosser vos gilets, de chausser vos pantoufles
      Et de fermer les yeux sur la réalité

      Mais la réalité déferle à votre porte
      Vous ne comprenez rien à sa vague rumeur
      Et vous confondez tout, parfois vous avez peur
      D’un signe avant-coureur que le vent vous apporte

      Vous percevez des pleurs et des cris de souffrance
      Des chants de liberté, l’écho d’un attentat
      Vous pensez que la guerre est encore loin de France
      Et vous faites confiance à votre chef d’Etat

      Étudiants et voyous, c’est bien la même engeance
      C’est écrit noir sur blanc, dans votre quotidien
      Faites dresser des murs et dressez votre chien
      Pensez dès maintenant à votre auto-défense

      Et quand des jeunes gens défilent en cortège
      Toujours on vous les peint veules et fainéants
      Alors vous les reniez, vous tombez dans ce piège
      En oubliant qu’ils sont enfants de vos enfants

      Ils savent mieux que nous de quoi le monde crève
      Que le temps des robots vient à pas de géant
      Qu’on sacrifie l’esprit au profit de l’argent
      Comme on tue la nature et la joie et le rêve

      Préparez vos fusils et créez vos milices
      Nostalgiques du tir et chasseurs sans gibier
      Suivez votre penchant, soyez de la police
      Des fois que les loubards viendraient dans le quartier

      Jean-Roger Caussimon

      Répondre

  • Bienvenue en Belgique 17 octobre 2010 12:18

    UN COMMISSAIRE PRINCIPAL DE POLICE FRAPPE UN COLLÈGUE
    Le Soir
    samedi 16 octobre 2010, 22:03

    Un commissaire principal de la police fédérale a projeté l’un de ses collègues commissaire contre un mur d’un local de police et l’a frappé parce qu’il fumait dans son bureau, une fenêtre ouverte, rapporte ‘Het Laatste Nieuws’.

    La victime aurait subi une commotion cérébrale, souffrirait de l’épaule et a subi une incapacité de travail pendant cinq semaines.

    Selon le quotidien flamand ‘Het Laatste Nieuws’, une plainte a été déposée contre le commissaire principal auprès des services d’inspection de la police mais il n’a pas été suspendu, à la grande colère de ses collègues.

    Les faits remonteraient à trois semaines et se seraient produits dans les locaux du corps d’intervention de la police fédérale de Bruxelles, qui accomplit des tâches de maintien de l’ordre lors de manifestations.

    Selon un représentant du syndicat NSPV (le pendant flamand du Syndicat national du Personnel de police et Sécurité, SNPS), d’autres membres du personnel de la police ont fait appel aux services de l’équipe chargée de gérer le stress.

    Le syndicat, selon lequel le commissaire principal violent aurait commis une série d’autres faits portant atteinte au code de déontologie policière, reproche à la hiérarchie de la police de le protéger.

    Des actions sont envisagées.

    Le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, estime qu’il est totalement faux de parler de protection de la hiérarchie à propos du commissaire divisionnaire auquel le syndicat de police SNPS reproche d’avoir agressé un collègue commissaire.

    Dans une courte mise au point diffusée samedi soir, le commissaire général indique que « certains faits et rumeurs » ont été portés à sa connaissance, qu’ils sont pris au sérieux et font actuellement l’objet d’une enquête. Ce sont les conclusions de cette dernière qui détermineront le type de mesure à prendre. Toute enquête de ce type est diligentée selon la procédure prévue, quelle que soit la fonction et quel que soit le grade du membre du personnel concerné par l’enquête, ajoute M. Koekelberg.

    « Il est totalement faux de parler de protection de la hiérarchie », conclut-il.

    Voir en ligne : http://www.lesoir.be/actualite/belg...

    Répondre



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Mentions légales | Espace privé | nous contacter | SPIP | squelette par JLG |