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Luttes aux Guatemala

mercredi 16 avril 2008

Attention : les films de cette rubrique ne peuvent être reproduits ailleurs qu'avec l'autorisation de leur(s) auteur(s).

Le Guatemala est un petit pays d’Amérique centrale de 14 millions d’habitants dont 60% sont des descendants mayas. Une guerre civile l’a ravagé pendant plus de 40 ans qui a fait plus de 200000 morts et plus 40000 disparus. Aujourd’hui la majorité de la population vit dans la pauvreté et dans la peur du pouvoir politique en souvenir de la guerre civile malgré la pacification depuis 1996. Néanmoins la résistance civile existe.

Une mine est située dans les districts municipaux de San Miguel Ixtahuacán et de Sipakapa dans l’ouest du pays. Les impacts probables sur la région sont : destruction de l’environnement, pénurie d’eau, pollution au cyanure et métaux lourds, maladies, corruption, militarisation et préjudices au tissu social. Face à cela les communautés de Sipakapa ont organisé un processus de consultation communautaire dans tout le district municipal sur la problématique minière. Les résultats sont une majorité de NON au projet minier, (11 communautés sont contre, une en faveur, une s’est abstenue).

Les vidéos montrées ici sont issues des ateliers menés à Sipakapa pour former et initier à la vidéo plusieurs responsables de différentes associations. Ceux-ci ont réalisé des petits reportages pour prendre le relais des médias conventionnels.

Site du collectif Guatemala.

Consultation communautaire à Buena Fe

2min57

Comité civique de Sipacapa

5min07

Le costume moderne à Sipacapa

3min27

DECLARATION DE SIPAKAPA

Fermez la mine Glamis Gold au Guatemala, maintenant !

Rédigé par les gens de la communauté de Sipakapa

4 mars 2006

NOUS DEMANDONS LA FERMETURE DU PROJET MINIER « MARLIN » DE GLAMIS GOLD À SAN MARCOS, GUATEMALA

Historiquement, comme peuples autochtones, nous avons été sujet au pillage de notre patrimoine naturel et de notre territoire. Ces pratiques ont commencé avec l’invasion espagnole, la création d’un État guatémaltèque raciste et exclusif, divisant la société en classe, et se poursuivent actuellement avec le néo-colonialisme et le soi-disant développement du Nord. Comme peuples autochtones, nous avons une vision globale de notre Terre-mère, que nous manifestons par le respect des rapports intimes qui existent entre l’humain et la nature. C’est notre Cosmovision, dans laquelle l’être humain n’est pas supérieur, il fait plutôt partie d’un tout. Notre vision contraste avec la logique occidentale de l’exploitation des ressources naturelles, basée sur l’accumulation de capital par quelques-uns, au détriment de la vie de plusieurs, dans ce cas-ci, des peuples autochtones. L’état de pauvreté dans lequel nous nous trouvons est la plus grande conséquence de cette dynamique.
Ce néo-colonialisme apparaît maintenant sous la forme d’une des industries les plus destructives connues de l’humanité : l’exploitation minière. Sur notre territoire, la mine Marlin est exploitée par Montana Exploradora, S.A., une filiale canado-américaine de la compagnie transnationale Glamis Gold Ltd. La mine est située dans les districts municipaux de San Miguel Ixtahuacán et de Sipakapa, dans les hautes-terres du département de San Marcos. Cependant, loin d’être une problématique affectant seulement les peuples Maya Sipakapense et Mam de San Marcos, la mine affectera toute la région des hauts-plateaux de l’ouest du Guatemala car cette région a été destinée à devenir un district minier.

Cette mine n’est rien de plus qu’une manifestation moderne de l’exploitation historique et de la domination des peuples par les pouvoirs coloniaux et maintenant néo-coloniaux, un exemple du système global injuste. Les conséquences sont déjà évidentes : destruction de l’environnement, pénurie d’eau, pollution au cyanure et métaux lourds, maladies, corruption, militarisation et préjudices au tissu social et spirituel des nations millénaires ; en bref, exploitation abusive et mauvais développement.

Les promoteurs de l’industrie minière – la Banque mondiale, Glamis Gold et les gouvernements du Guatemala, du Canada et des États-Unis – vendent la mine Marlin comme un « projet de développement ». En réalité, cette mine est simplement une affaire qui enrichit les entreprises internationales, au dépend du bon développement des communautés, grâce, entres autres, à la corruption persistante et systématique, l’impunité et l’absence de démocratie réelle, autant aux niveaux national, qu’international.

Les problèmes de violations de droits humains des habitants ont commencé avec l’entrée de la compagnie minière à San Marcos, sans consultation de la population au sujet des activités minières prévues. De la même façon, l’Étude d’impacts environnementaux - qui est ni plus ni moins qu’une farce pour justifier les dommages que la compagnie minière sait qu’elle causera – est rempli d’erreurs, d’omissions et de mensonges. Par exemple, le document n’analyse pas les ressources d’eau disponibles dans la région. De plus, le document n’est pas accessible à la population affectée, puisque l’étude contient plus de 1 000 pages, la plupart en anglais.

Néanmoins, la Société financière internationale, la puissante arme du secteur privé au sein de la Banque mondiale, a approuvé un prêt de 45 millions de dollars à Glamis Gold Ltd pour l’exploitation de la mine Marlin.
Conscient des graves problèmes que l’exploitation minière causera aux peuples autochtones, un mouvement pacifique de résistance aux activités minières s’agrandit au Guatemala. Le gouvernement guatémaltèque à répondu à ce mouvement par la militarisation et la répression. Le 11 janvier 2005, le gouvernement a envoyé plus de 1 200 soldats et 400 policiers à Los Encuentros, Sololà, pour protéger le passage d’un cylindre destiné à la mine marlin. Les forces répressives de l’État ont utilisé du gaz lacrymogène et des balles contre les frères et sœurs Kaqchikel, qui, depuis plusieurs semaines, empêchaient le passage du cylindre par leur manifestation. Raúl Castro Bocel a été tué par les forces de sécurité de l’État, et plus de 20 personnes ont été blessées.

La militarisation et la répression ont aussi été ressenties dans les hauts-plateaux de San Marcos, à San Miguel Ixtahuacán, où, le 23 mars 2005, un employé de la compagnie de sécurité israélienne engagée par Glamis Gold, le Groupe Golan, a tiré et tué un jeune citoyen, Alvaro Benigno Sánchez, laissant quatre enfants sans père. La filiale de Glamis, Montana, a réussi à faire pression sur le père d’Alvaro Sánchez et lui a donné de l’argent pour qu’il accepte de ne pas entamer de poursuite légale.

Ces deux crimes restent dans l’impunité la plus complète.
Face à cette situation, les communautés de Sipakapa ont organisé un processus de consultation communautaire dans tout le district municipal sur la problématique minière. La consultation communautaire a eu lieu le 18 juin 2005, en conformité avec la Loi des Conseils de développement urbain et rural, la Constitution de la République, et la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail sur les Droits des peuples autochtones et tribaux dans les pays souverains. En conformité avec les droits établis dans la Convention 169, la consultation populaire s’est déroulée suivant le système de justice Maya Sipakapense, établi selon les normes, valeurs et principes inhérents à l’identité du peuple de Sipakapa.

Avec la majorité écrasante du NON au projet minier, exprimée lors de la consultation communautaire (11 communautés sont contre, une en faveur, une s’est abstenue), la population a démontré clairement que le peuple de Sipakapa ne veut pas d’activité minière sur son territoire. L’action locale a provoqué un grand changement, passant d’une démocratie représentative dysfonctionnelle à une vraie démocratie participative, renforçant le mouvement de construction d’un pays multiculturel, pluriethnique et multilingue. De plus, depuis lors, nous avons entamé un processus concret pour mettre sur pieds notre plan de développement alternatif, basé sur l’encouragement et le renforcement de notre économie agricole autochtone, l’agrosylviculture et la participation du mouvement populaire aux prises de décision.

Pour toutes ces raisons, nous, les organisations et individus, exprimons notre solidarité avec la lutte du peuple de Sipakapa, et nous demandons :

À Glamis Gold – De fermer immédiatement la mine Marlin. Au même moment, nous demandons des mesures intégrales d’atténuation et de réparation pour tous les dommages ; ces mesures devront être dirigées et contrôlées par une commission indépendante composée de représentants des communautés affectées et d’autres individus ou institutions que les communautés de San Miguel Ixtahuacán et Sipakapa recommandent.

À la Banque mondiale – Le retrait immédiat du prêt de la Société financière internationale à Glamis Gold ; la reconnaissance de la validité et de la nature exécutoire du processus de consultation communautaire à Sipakapa ; ainsi que le financement pour les mesures d’atténuation et de réparation pour les communautés affectées. Nous exhortons également la Banque mondiale à changer sa politique de participation, d’appui et de financement des industries d’extraction destructive.

Au gouvernement du Guatemala – Un arrêt immédiat à l’octroie de permis de prospection, d’exploration et d’exploitation minière ; la révocation des permis existants jusqu’à ce qu’il existe une politique minière basée sur la sécurité territoriale, environnementale et sociale des communautés ; ainsi que l’application d’un processus de consultation communautaire, en conformité avec la législation nationale et les conventions internationales.

Au gouvernement du Canada et des États-Unis – Un changement radical dans les politiques de promotion, de facilitation et de financement d’activités minières d’entreprises canadiennes et américaines, qui contribuent aux graves violations de droits humains des nations du monde.

Aux consommateurs et investisseurs – Des changements radicaux au niveau local : sensibilisation et changements dans leur rôle au sein du système mondial injuste et prise de conscience pour leurs responsabilités pour les effets négatifs de leurs consommation et investissements. Des changements au niveau national : actions et plaidoyers en ce qui concerne les politiques étrangères des gouvernements et des entreprises. Des changements au niveau international : actions et plaidoyers en ce qui concerne les banques et institutions multilatérales de « développement », contrôlées par de puissants pays néo-coloniaux.

Nous nous engageons à réaliser des actions dans le but de faire connaître notre point de vue.

APPUIS ORGANISATIONNELS :

* Movimiento de Trabajadores Campesinos (MTC) – San Marcos, Guatemala * Asociación de Desarrollo Integral Maya AJ’CHMOL (ADIMA) – San Marcos, Guatemala * Asociación de Pueblos Indígenas de América – Sipakapa, San Marcos, Guatemala * Asociación de Desarrollo Integral Maya Sipakapense – Sipakapa, San Marcos, Guatemala * Rights Action/Derechos en Acción – Guatemala/Canada/US * Caracol Producciones – Guatemala * Asociación para la Promoción y el Desarrollo de la Comunidad CEIBA – Guatemala * Centro para la Acción Legal en Derechos Humanos (CALDH) – Guatemala * Movimiento Nacional de Derechos Humanos – Guatemala * Centro Vocacional ‘Benito Serra’ – Guatemala * Friends of the Earth International * Amicus Foundation – Canada * Guatemala News and Information Bulletin (GNIB) – USA * Network in Solidarity with the People of Guatemala (NISGUA) – USA * Indigenous Environmental Network – USA * Global Response – USA * Land is Life – USA * Wassa Association of Communities Affected by Mining (WACAM) – Ghana * Friends of the Earth Ghana – Ghana * BanglaPraxis – Dhaka, Bangladesh * Center for Environmental Law and Community Rights Inc/Friends of the Earth – Papua New Guinea * Comité Regional Ambientalista del Valle de Siria – Honduras * Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (COPINH) – Honduras * Mártires de Guaymas – Honduras * Central de Patronatos de La Venta, Gualaco (CEPAVEG) – Honduras * Comité del Valle de Agalta (COVA) - Honduras * Movimiento Madre Tierra – Honduras * Comité de Familiares de los Detenidos-Desaparecidos de Honduras (COFADEH) – Honduras * Asociación Comunitaria de Desarrollo de Colomoncagua (ACODECOLO) – Honduras * Fundación de Promotores de Cooperativas (FUNPROCOOP) – El Salvador * ACOOPASMECAL del Alto Lempa – El Salvador * Collectif Guatemala – France * Hellenic Mining Watch – Greece * Support Group for Indigenous Peoples (KWIA) – Belgium * A SEED Europe – Netherlands * Collectiu de Solidaritat amb la Rebellió Zapatista – Barcelona, Cataluña * MISEREOR, German Episcopal Conference for Development Cooperation – Germany * Urgewald – Germany * The Corner House – United Kingdom

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