Sans peur, les féministes occupent les rues de Toulouse en ce 25 novembre 2020.

vendredi 27 novembre 2020 , par - P - dans Editorial


25 novembre 2020, les féministes toulousaines se rassemblent et marchent en cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des minorités de genre.

18h00, le rendez-vous de la marche nocturne était donné à Capitole et il y a du monde. Les femmes et personnes trans* se retrouvent, ça compose le nombre et ça prépare le cortège.

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18h30, plusieurs milliers de manifestantes se mettent en mouvement au rythmes de la batucada Elles chantent des "So, so, so, Solidarité avec les femmes du monde entier", "Nous sommes fortes, nous sommes fière, et féministe et radicale et en colère" ou encore "On n’entend pas chanter Marlène Schiappa".

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19h00, la marche nocturne fait une pause devant le métro Jean Jaurès. Des femmes cis et trans prennent la parole, racontent, dénoncent. La place est remplie, les premiers rangs s’assoient pour que tout le monde puissent voir et entendre.

Elles expriment les violences subies par les femmes en amérique latine et en France, elles dénoncent l’ouverture à la concurrence de la gestion du numéro d’urgence "3919" (voir article de Bastamag), les conditions d’incarcération de Jennifer, une femme trans incarcérée à la maison d’arrêt de Seysse, dans un bâtiments pour homme et placée en isolement (plus d’info par ici).

Des paroles de chansons sont distribuées, le silence se fait et, d’une seule voix, les toulousaines se mettent à chanter.

Elles sont ensemble et chantent l’hymne "Canción sin miedo" de Vivir Quintana, figure de proue du mouvement féministe mexicain, enregistré ci-dessus par Camé

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19h30, le cortège repart et se dirige vers le monument au mort. Les manifestantes s’approprient les rues et la nuit. Elles occupent l’espace, rompent le silence et s’expriment sur les murs ou autres supports citadins.



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20h00, arrivée au monument au mort. Les CRS, qui ne s’étaient pas trop montré jusqu’alors, font mur devant le monument, empêchant le cortège d’aller dessous.
Peu importe, les manifestantes resteront devant et feront barrages avec les portraits dessinées des visages de femmes assassinées.

La parole circule, le prénom des femmes victimes de féminicide est dit à voix haute. Des bougies sont distribuées, un mémorial aux femmes et personnes trans tuées est installé, moment de recueillement, toutes ensemble.

Le silence se rompt : "Nous sommes le cri de celles qu’on fait taire." et, d’une seule voix, les toulousaines se mettent à crier.

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21h00, la manifestation était déclarée jusqu’à 21h et il n’y aura pas de rab. 21h pile, première sommation...
Le cortège se reforme, ça part en manif sauvage, direction Jaurès. La BAC et les voltigeurs se faufilent dans les rues parallèles pour arriver à Wilson avant les femmes. Ce sera l’épilogue de ce 25 novembre 2020, dans un nuage de lacrymo, devenu beaucoup trop habituel...

On entend les derniers chants "Darmanin dans la Garonne"

*les hommes cisgenre étaient autorisés mais devaient normalement rester à l’arrière du cortège.

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