Quel avenir pour l’agriculture en France ?

jeudi 15 janvier 2026 , par mathieu dans VIDEOS DE TV BRUITS


Répression du mouvement

Un appel intersyndical à manifester à Toulouse a réuni des agriculteurs de toute la région Occitanie mercredi 14 janvier 2026. Plusieurs convois de tracteurs se sont dirigés vers la ville bloquant les autoroutes accédant au périphérique au sud à Roques via l’A64, à l’ouest venant du Gers, au nord.
Quelques tracteurs ont réussi à franchir les nombreux barrages des gendarmes pour arriver au centre ville devant la préfecture.

Une répression du mouvement

5 agriculteurs ont été interpellés dont le président de la chambre d’Agriculture du Gers membre de la Coordination Rurale et le secrétaire général de la fdsea Haute Garonne.
Des vitres de tracteur ont été brisées par les CRS.

L’occupation de l’A64 à Carbone au sud de Toulouse, point majeur d’action du mouvement, ayant été évacué par les gendarmes ce mardi 14 janvier, après 32 jours de blocage.

Après l’arrestation violente de 2 portes paroles nationaux de la Confédération Paysanne à Paris vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais, ce sont 52 membres du syndicat qui ont été mis en garde à vue à Paris, alors qu’ils manifestaient devant le ministère de l’agriculture.

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En Occitanie l’intersyndicale réunit la Confédération Paysanne, la Coordination Rurale, et des membres de la FDSEA. Cette alliance autour de la crise sanitaire de la DNC qui frappe l’élevage bovin tient bon. En Haute Garonne il est possible notamment par le collectif des Ultras de l’A64 qui regroupe des agriculteurs hors du cadre des syndicats traditionnels, qui permet de raviver un peu le flambeau de la solidarité paysanne, devenu bien peu de chose de nos jours.

Cependant les revendications au sein du mouvement si elles sont fortes et unanimes autour de la question de la maladie de la DNC avec la réclamation de l’arrêt du protocole de l’abattage systématique des troupeaux si un cas apparait, ou l’arrêt du traité UE-Mercosur, les écarts semblent forts sur les autres sujets. Eau, irrigation, construire des barrages ou non, les normes sur l’usage des pesticides pour la protection des cours d’eau, et de la santé qui empêcheraient de produire tranquille ...
Et bien malgré les divergences, les lignes bougent au sein des agriculteurs.
Les économistes de plateaux de télé prétendent à longueur de journée que les agriculteurs français ne sont pas compétitifs, alors que d’autres pays comme l’Allemagne, ont restructuré leurs exploitations. C’est à dire se sont énormément agrandi. Augmentation de la taille des élevages porcins, poulets, fermes usines géantes de production laitière.
On manquerait même de production en France, qui nous oblige à importer. Et on fait miroiter ce curieux terme de fin de souveraineté alimentaire ! Tient ça fait drôle ce terme dans la bouche d’économistes de plateau qui ne s’en souciaient guère jusqu’à présent ! D’habitude se sont plutôt les ONG qui défendent les petits agriculteurs des pays du sud qui emploient ce terme. Effectivement il est détourné totalement.
Non messieurs les mauvais économistes l’agriculture en France est très compétitive que ce soit clair
Les agriculteurs se sont beaucoup adaptés hier comme aujourd’hui, déjà aux changements de contexte, et ont de très grandes compétences techniques.
Mais on s’occupait alors de vendre à l’extérieur, d’exporter la production, quitte à réimporter ensuite, comme les veaux nés en France, exportés et engraissés en Italie puis réimportés en France. Et le coup du il n’y a pas assez d’élevage de volaille , on nous l’a fait de nombreuses fois depuis des décennies. Les cas sont nombreux et anciens où le système dit " intégré " voit des industriels de la transformation et de la distribution chercher des pauvres gens trompés par le mirage des grands élevages , vite confrontés , étranglés et poussés à la faillite dés que les prix baissent. Et on était aveuglé par la différence entre la balance commerciale en valeur ou en quantité. Et oui si la balance commerciale agricole était excédentaire en valeur c’est à cause du vin et des alcools. En réalité la balance commerciale est déficitaire en quantité depuis longtemps à cause de l’importation du poisson (et oui on mange majoritairement du poisson pêché très loin de la France) [1].

L’agriculture en France est confrontée à une crise majeure sociale et climatique. Et le protocole d’abattage intervient à un moment où un système est en fin de course. Et c’est là où les choix d’orientation de politique agricole sont cruciaux.
L’agriculture doit être envisagée d’un point de vue social. En France ce sont encore des petits propriétaires fonciers, et dans une société capitaliste, c’est une classe sociale pauvre mais qui a un peu de pouvoir, pas parce qu’elle produit l’alimentation d’un pays (ça on s’en fout !) mais parce qu’elle possède la majorité du sol français, ce qui est donc un contre pouvoir face au pouvoir de la finance. Évidement ce monde lorgne ce capital et voudrait bien développé l’agrobusiness avec la transformation et l’absorption des petites fermes françaises en grandes entreprises. D’ailleurs en ce moment même les grandes coopératives fusionnent encore plus.

L’abattage d’un troupeau de bovin est un choc, un traumatisme très dur à vivre pour un agriculteur. Après cela on ne repart pas simplement. Souvent on arrête le métier.
Le gouvernement s’oriente vers une réduction du nombre de bovin sans le dire clairement. Techniquement l’alimentation en viande en France pourrait être comblée localement par la production de quelques grandes usines à viande comme cela existe déjà en Amérique du nord et du sud. Mais quelle qualité ! Il faudra encore des travailleurs, ce seront des salariés à faible revenus.
Aujourd’hui en France l’agriculture biologique et les circuits économiques courts sont une voie pour la sortie de crise.

Il le rappeler encore oui l’agriculture biologique peut nourrir toute la planète.
En France un peu moins de consommation de viande et un peu plus de protéines végétales et de maraichage et ça suffit. Il ne faut pas beaucoup d’espace, voyez actuellement la majorité des légumes consommés en France viennent des serres d’une toute petite région du sud de l’Espagne.
Dans les pays du Sud, c’est déjà d’ailleurs les petits paysans pauvres, sans pesticides et engrais, à la main, qui produisent leur propres denrées alimentaires majoritairement et non l’agriculture industrielle d’exportation qui produit des matières premières pour l’industrie.

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