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"Y at-il un média indépendant en Midi-Pyrénées ?" Dossier sur La dépêche du Midi

Entretien avec Jean-Michel Baylet

mercredi 16 juin 2010

Attention : les films produits par Tv Bruits - et seulement ceux-ci - sont libres de droits pour diffusion dans un cadre non commercial et si nous en sommes avisés.

Avec un chiffre d’affaire de plus de 161 millions, le groupe la dépêche à la main mise sur les PQR (Presse Quotidienne Régionale) en Midi-Pyrénées. L’affaire est familiale puisque la famille Baylet possède 67,3% du capital. Son actuel PDG, Jean Michel Baylet cumule les casquettes en étant à la fois patron de presse et homme politique (sénateur, président du conseil général de Tarn et Garonne, président de la communauté des Deux Rives et président national du parti radical de gauche).

Le groupe possède 22% du capital de TLT, plus sa régie publicitaire via son groupe Occitane de publicité. La dépêche sévit aussi dans le monde des gratuits, avec la SARL PUBLI (Publi Toulouse, Publi Pyrénées...) mais aussi dans 20 minutes Toulouse en partenariat avec le groupe Schibsted. Elle vient de créer avec le groupe Bolloré un 4ème gratuit sur Toulouse Direct Toulouse.


Film "Y a t-il un média indépendant en Midi-Pyrénées ?"

Court film autour de la question "Y a t-il un média indépendant en Midi-Pyrénées ?" avec l’exemple de La Dépêche du Midi, unique quotidien régional de la région.

durée 5min

La Dépêche - média indépendant ?

dossier la PRESSE LOCALE par l’Amiante.

La Dépêche du Midi appartient au groupe la Dépêche que possède à 65% la famille Baylet qui est à la direction.
- L’équipe de l’Amiante, journal toulousain de critique social qui a duré 4 numéros, avait réalisé un dossier sur la PRESSE LOCALE. La Dépêche du Midi y avait un rôle central, c’est pour cet article que l’entretien avec JM Baylet a été réalisé.

PDF - 51.8 ko

L’entretien complet de Jean-Michel Baylet

Entretien du 9 novembre 2009.

durée 15min

Retranscription écrite

Il est écrit sur La Dépêche « le journal de la démocratie » en sous-titre. Et je voulais savoir en quoi le journal participait à la démocratie nationale, ou locale.

C’est historique. Vous avez là une des premières rédactions de La Dépêche en 1896. Vous avez là Gambetta, Clémenceau, tous les grands noms de l’époque. La Dépêche a toujours été un journal d’opinion. Un peu moins aujourd’hui parce que la presse a évolué, mais lors de sa création et jusqu’aux années 50 La Dépêche a été de tous les grands combats politiques et de toutes les grandes causes, que ce soit l’affaire Dreyfus, que ce soit tous les grands…. Tous les grands débats, et comme ce journal était un journal engagé il avait pris comme sous titre le journal de la démocratie parce qu’à l’époque, La Dépêche a été créée en 1870 après le désastre de Sedan parce que Napoléon II s’est fait mettre en déroute, la démocratie n’était pas fortement ancrée, donc c’était un journal qui revendiquait fortement ses origines, encore aujourd’hui, ses valeurs républicaines, laïques et démocratiques. Voilà pourquoi Le journal de la démocratie en dessous. C’est pour marquer une appartenance, dire haut et fort que nous portons des valeurs.

D’accord, donc aujourd’hui encore La Dépêche se distingue du reste de la presse ?

Elle se distingue de la presse régionale qui a toujours, qui n’a jamais été une presse d’opinion. Nous sommes à peu près les seuls dans la presse régionale. Après dans la presse nationale ce sont des journaux d’opinion, que ce soit Le Figaro, que ce soit Libération, que ce soit l’Humanité, ce sont des journaux d’opinion. Mais nous portons toujours aujourd’hui ces valeurs républicaines et ces valeurs de laïcité et lorsqu’il y a effectivement de grands débats nous prenons position ce qui n’est pas le cas des autres journaux.

Est-ce que vous avez une idée de derniers grands débats sur lesquels vous avez pu vous positionner ?

On peut prendre position sur des… dans nos éditoriaux nous prenons des positions presque quotidiennement dans tous les grands débats d’aujourd’hui y compris dans l’actualité. Mais nous prenons aussi position sur les grands débats régionaux. Je me souviens qu’à l’époque nous avions fortement soutenu la création du métro à Toulouse. Vous êtes jeune vous ne vous souvenez pas mais c’était il y a une vingtaine d’années il y avait un grand débat entre les tenants du métro et les tenants du bus et nous avions pris fortement position donc ça peut être sur des sujets d’opinion, ça peut être sur des sujets de société, ça peut être sur des sujets politiques et ça peut être aussi sur des sujets qui intéressent notre région et son développement et les services.

Après parler du journal il y a parler de son directeur. En faisant des recherches je me rends compte que vous avez à la fois énormément de responsabilités politiques, et à la fois la responsabilité du journal. Est-ce que ça ne fait pas beaucoup pour un seul homme ?

Ça fait effectivement beaucoup mais je m’inscris dans une tradition française bien ancrée. Pendant très longtemps et même encore aujourd’hui d’ailleurs, les directeurs de journaux ce sont engagés dans la vie politique, y compris en portant des mandats électoraux, et même encore aujourd’hui, à commencer par le plus célèbre d’entre eux qui est le patron du Figaro, M. Dassault. C’est quand même une tradition de la République, on a toujours trouvé des directeurs de journaux, des avocats, on a même à un moment parlé de la république des avocats tellement ils étaient nombreux à l’Assemblée Nationale, et moi je m’inscris dans cette lignée, il y a naturellement des passerelles étroites entre ces deux mondes, celui de la presse et des médias et celui de la politique. Et d’ailleurs c’est intéressant de regarder ces rapports qui sont des rapports au bon sens du terme en terme de complicité parce que les uns ont besoin des autres, les journalistes ont besoin des hommes politiques pour l’intervention, les hommes politiques ont besoin des journalistes pour faire connaître leurs actions, et en même temps cette incompréhension est souvent dans ces conflits qu’il y a entre les uns et les autres, les journalistes reprochant aux politiques de tenir la langue de bois, les politiques reprochant aux journalistes de souvent en dire trop et de rechercher le sensationnel, et que vous regardez ce qu’étaient les journaux il y a un siècle, la polémique était beaucoup plus violente et la critique beaucoup plus acerbe. Les plumes étaient acérées beaucoup plus qu’aujourd’hui. Y’avait même des duels entre les journalistes et les politiques, on en est heureusement plus là. Lorsque je me suis lancé dans cette double carrière politique et journalistique, c’était il y a un peu plus de trente ans puisque j’ai été élu maire en 1977 et député en 1978 et j’avais des responsabilités au journal depuis trois ou quatre ans, les choses étaient quand même plus simple qu’aujourd’hui. C’est vrai que maintenant j’en ressent le poids de tout ça. Ça m’oblige à travailler sept jours sur sept et à faire de très très longues journées. Alors est-ce que l’on pourra continuer à exercer une responsabilité professionnelle d’envergure et des mandats politiques je ne sais. Mais la coupure entre le monde économique, en ce qui me concerne, et le monde politique n’est pas une bonne chose parce que si chacun vit de son côté sans qu’il y ai des passerelles ils se méconnaissent, se mésestiment et c’est pas bien. Combien de fois entend on : « oui les politiques ils ne connaissent pas assez le monde économique, le monde de l’entreprise » combien de fois entend on de la part des politiques des termes peu amène sur les chefs d’entreprise. C’est pas une bonne chose. Voilà, alors moi j’essaie de fédérer tout ça, mais il est vrai que c’est lourd parce que nous vivons dans une société où les normes, la réunionite ont pris beaucoup de place. C’était très différent il y a une trentaine d’années.

Alors vous dites que le politique doit connaître l’entreprise, mais quand l’entreprise est une entreprise journalistique, est-ce que la proximité des deux univers n’a pas des conséquences néfastes sur l’indépendance du journalisme ?

Vous savez il suffit d’avoir des principes de comportement et une éthique personnelle. Moi je ne me mêle jamais du contenu du journal parce qu’effectivement à ce moment là ce serait une confusion des genres. Deuxièmement ici nous avons une charte des journalistes qui posent bien les principes d’indépendance et autre. Donc il y a aucun conflit d’intérêt entre l’un et l’autre et puis je vous répète que La Dépêche est un journal qui affiche haut et fort qu’il porte un certain nombre de valeurs républicaines et laïques donc on est absolument en conformité avec mes engagements politiques et depuis sa naissance La Dépêche est sur cette ligne politique. Ça pourrait poser un problème pour moi si je faisais de la politique dans un camp qui combat les valeurs de laïcité, de solidarité ou même des valeurs républicaines, c’est loin d’être le cas c’est même tout le contraire, donc ça ne pose aucune difficulté, il suffit de s’imposer les comportements qui sont en osmose avec les valeurs que l’on défend.

Pour vous est-ce qu’il y aurait des sujets tabous dans La Dépêche par exemple ?

Il n’y a pas de sujet tabou.

Parce que en faisant des recherches je me suis intéressée un peu plus à votre histoire et dans les colonnes de La Dépêche je me suis aussi intéressée au contenu du journal, et il n’y a eu aucun article sur la mise en examen de Max Courrègelongue au Conseil Général votre bras droit, y’a eu non plus aucun article…

Attendez là on tombe dans le caniveau. Max Courègelongue a été mis en examen de manière administrative parce qu’un conseiller général qui est M. François Bonon a passé sa vie… comme il n’est pas capable, ce qu’il n’est pas capable de gagner sur le terrain, c’est-à-dire lors des consultations électorales, a recherché à la virgule près pour essayer de trouver, de nous mettre en difficulté. Alors c’est une affaire d’une banalité incroyable qui est simplement un transporteur qui a prétendu que dans le marché qui a été disputé qu’il n’aurait pas été consulté tout à fait comme il fallait… et puis moi j’ai des principes, si M. Bonon veut me combattre, il me combat politiquement…

M. Bonon c’est qui ?

Non non mais attendez…

Je ne sais pas qui c’est.

Moi je vous explique. M. Bonon c’est un conseiller à l’UMP qui est furieux de voir qu’à chaque élection on a la majorité et qui cherche tout le temps des querelles à mes collaborateurs. Vous parliez de M. Courrègelongue mais il a envoyé dix personnes au CRPJ parce qu’il lance des procédures tout le temps. C’est pas ma conception de la politique, c’est même dégueulasse de s’en prendre aux collaborateurs. C’est complétement scandaleux. Alors je ne vais pas montrer du doigt un collaborateur qui n’a fait que son boulot et d’ailleurs je vous ferai remarquer que tout ça traine depuis des années et des années et que ça n’a jamais rien donné, ça fatalement quand il y a une plainte et c’est toute la difficulté du système judiciare français, quand il y a une plainte et une ouverture notamment de l’instruction ça entraîne de fait une mise en examen. Donc je ne me trouve pas en contradiction en ne villipendant pas au delà de ce qui eu fait déjà un collaborateur. C’est complètement scandaleux de s’en prendre au collaborateur, c’est une manière de faire de la politique qui n’a pas mon assentiment, que je déteste.

Mais en sortant de la lutte politicienne il m’a semblé que suite à cette histoire, la juridiction de Bordeaux qui était chargée de l’enquête là-dessus avait trouvé trouvé que l’attribution du contrat du journal Entre Tarn et Garonne…

Non mais attendez mademoiselle, mademoiselle. Moi je suis là pour répondre sur La Dépêche. On va pas rentrer…

D’accord mais…

Non non, moi je vous ai reçue, rien ne m’oblige non plus à rentrer dans des trucs qui sont les égouts tenus par M. Bodon du Tarn et Garonne, là on n’est plus dans La Dépêche. Je vous ai répondu que cette manière de faire de la politique n’avait pas mon assentiment, que tout cela… il a été mis en examen sur l’affaire des transports, sur l’affaire dont vous me parlez y’a eu aucune mise en examen, alors je vous répond aussi et je m’en arrête là. Si vous êtes venue pour me raconter toutes les basses fosses de l’UMP du Tarn et Garonne, c’est inutile.

Non non…

Non mais c’est ça.

Moi ma question c’est…

C’est ça que vous êtes en train de faire. Je sais où vous êtes allée chercher ces sources, dans leur journal local.

Ah non du tout c’est dans Le Plan B, un journal d’analyse critique des médias.

Moi je vous dis je vous ai répondu une première fois, je vous répond une seconde sur le journal Entre Tarn et Garonne il n’y a eu aucune mise en examen, et je m’arrêterai là-dessus. J’ai pas beaucoup de temps à consacrer…

Non bien sûr, mais ma question…

Je vous parle de La Dépêche du Midi.

Oui mais justement en fait, là où ça rejoint La Dépêche du Midi c’est que la question que je voulais poser à la base c’est : quand on a à la fois dans les mains la responsabilité politique et la responsabilité d’un journal, il y a forcément des choses qui n’apparaissent jamais aux yeux des électeurs. Et du coup je me demandais…

Vous voulez parler de quoi, vous me citez un truc qui n’a donné lieu, qui n’a eu aucune conséquence, qui n’a donné lieu à aucune mise en cause. Faut quoi que je raconte que l’UMP Tarn et Garonne est tout le temps en train de fouiller pour essayer de donner… attendez on est dans le surréalisme là, je pensais que vous veniez voir le patron de La Dépêche pour essayer de parler un peu de La Dépêche, si c’est pour venir pour essayer de me parler de tous les ragots des égouts de l’UMP Tarn et Garonne c’est inutile, perdez pas votre temps.

Non mais en sortant de l’histoire du Tarn et Garonne il y a aussi eu la condamnation de votre famille….

Elle est passé dans La Dépêche, on va arrêter cette conversation, c’est passé dans La Dépêche alors renseignez vous bien, c’est passé dans La Dépêche. C’est passé dans La Dépêche mademoiselle.

C’est passé dans l’Express aussi.

C’est passé dans l’Express, c’est passé partout.

Non mais je me demande juste les risques qu’il y a…

Ecoutez vous me faites vraiment perdre mon temps. Je suis navré de vous le dire mais regardez, il y a dix minutes qu’on parle et tout le temps vous me parlez de ça. C’était pas la peine. Moi ça m’intéresse pas ça, moi je veux bien parler avec vous de journalisme, mais si c’est pour me chercher tous ces petits trucs c’est…

Mais c’est pas que des petites choses…

Arrêtons nous. Arrêtons nous.

Vous voulez plus répondre à mes questions ?

Non, non parce que c’est pas sérieux.
C’est sérieux, c’est une question de fond l’indépendance des journalistes…

Vous pouvez le porter comme vous voulez… vous savez ce que c’est l’indépendance du journalisme, ce journal il a 140… il a presque 150 ans… il a une histoire magnifique…

Justement il est indépendant, c’est un des journaux les plus indépendants de France…

Et vous me parlez que de conneries, vous me parlez de trucs liés à ce que je viens de vous dire, attendez on va pas perdre de temps là-dessus… moi je veux bien vous parlez de journalisme, je veux bien parler de choses importantes mais pas de bêtises pareilles.

Justement ce journal a une spécificité, vous le dites vous même, c’est son indépendance par rapport aux grands groupes nationaux, c’est un des derniers. Mais du coup je me demande si quand même au niveau local il a pas un pouvoir qui est très très fort et qui fait que certains sujets ne peuvent pas être abordés.

Ecrivez ce que vous voulez.

Non non mais c’est pas…

Arrêtons cet entretien. Arrêtons cet entretien je suis navré. Si c’est pour le mener de manière biaisée et orientée comme ça, ça ne m’intéresse pas. Il fallait le dire que c’était ça que vous vouliez.

Mais pour moi c’est parler de journalisme.

Si c’est votre conception du journalisme, ne faites pas de carrière dans le journalisme. C’est un conseil.

Mais vous trouvez pas ça important de savoir quels intérêts il y a derrière quel endroit ?

Moi je trouve qu’une étudiante qui ne retient d’un entretien qu’elle sollicite avec le patron d’un grand groupe de presse, que ce tout petit bout de la lorgnette, en plus j’ai répondu à vos questions, que ce tout petit bout de la lorgnette, et vous allez me chercher un petit truc là, un petit truc là… écoutez, moi j’ai du travail, j’ai à mener un groupe de presse, je n’ai pas de temps à perdre avec des conneries pareilles.

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