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Les Travailleu(r)ses du sexe (et fières de l’être)

mercredi 3 février 2010

Un film qui enlève le haut, mais qui élève le débat.


Les Travailleu(r)ses du Sexe

En France, depuis la loi Sarkozy de 2003, des femmes et des hommes revendiquent le droit de pouvoir louer librement leur corps alors même que l’économie de marché utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la légalisation de la marchandisation de l’intime.

Paroles et pratiques dérangeantes, stigmatisées par des jugements moralisateurs, qui nous questionnent sur les rapports hommes/femmes, la sexualité et son contrôle par le pouvoir.

Un documentaire de Jean-Michel Carré

Projections :
- A Tournefeuille, projection-débat le 8 février à l’Utopia Tournefeuille
en présence de Isabelle Schweiger de l’association Grisélidis
- A Toulouse au Cinéma Utopia, rue montardy projections à partir du 10 février


Quelques mots du réalisateur :

L’économie de marché a généré la multiplication des salons de l’érotisme et de sociétés d’éditions de vidéos pornographiques, au nom de la prétendue liberté du consommateur. Dans un autre domaine du travail du sexe, la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, fait voter en mars 2003, une loi dite de « sécurité intérieure » incluant le racolage passif des prostituées. Si la prostitution devient très vite moins visible dans nos rues, la prostitution augmente considérablement sur les réseaux Internet et aux périphéries des villes, rendant à nouveau des prostituées à la merci des proxénètes et des réseaux mafieux.

Qualifiée de plus vieux métier du monde, la prostitution reste un « obscur objet de haine et de désir ». Elle a stigmatisé le symbole de l’exploitation de la femme par l’homme dans toutes les sociétés. Ces problématiques, je les avais traitées, il y a plusieurs années, dans un cycle sur la prostitution *. Mais depuis la loi Sarkozy, certaines femmes et hommes revendiquent à nouveau haut et fort la volonté de pouvoir louer librement leur corps, de défendre leurs pratiques sexuelles et réclament que leur métier soit considéré comme aussi respectable qu’un autre, avec ses droits et ses devoirs.

Paroles dérangeantes qui nous questionnent sur un fait de société victime de jugements moralisateurs, d’anathèmes de certaines féministes et de mépris de beaucoup d’autres. Une activité qui interroge, naturellement la sexualité, mais aussi les rapports hommes / femmes, le pouvoir, l’argent, la définition d’un travail **... Une question sociétale où il est indispensable de sonder l’économie de marché qui utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime au nom de la prétendue liberté du consommateur.

Conjointement, chaque pays revendique unilatéralement ses lois permissives ou coercitives sans pour autant avoir été capable d’éradiquer la prostitution - esclavage.

C’est au travers de vies, de pratiques et de témoignages de femmes et d’hommes qui utilisent librement et professionnellement leur sexualité que ce film a été réalisé. Tourné en France, mais aussi en Belgique et en Suisse, ce film fait émerger les réflexions de fond qui implique le rapport du pouvoir et de la soumission, tout en questionnant les fantasmes qui agitent les hommes et les femmes.

* Les trottoirs de Paris, Laurence, Les enfants des prostituées, L’enfer d’une mère, La nouvelle vie de Bénédicte, Un couple peu ordinaire, Les clients des prostituées. Tous ces films sont regroupés dans le Dvd Prostitution à visage découvert, Doriane Films-Films Grain De Sable.

** Voir à ce sujet le film J’ai très mal au travail de Jean-Michel Carré. Dvd Editions Montparnasse.

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