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Communiqué de la Coordination Intermittents et Précaires Île-de-France

Libération immédiate du manifestant interpellé devant la CFDT ce jeudi 9 avril.

vendredi 10 avril 2009


Ce jeudi, rdv avait été donné à 10h devant les locaux de la CFDT, bd de la villette, pour rendre une visite collective à un Pôle emploi afin d’y dialoguer avec des ayants-droits et des agents salariés du Pôle du rôle et du fonctionnement de cette machine à précariser.

Pôle emploi, la fusion de l’Assedic et de l’ANPE, c’est la mise à distance des ayants-droits au moyen de la plate forme téléphonique du 39 49, c’est confondre le conseiller et le payeur pour mettre en oeuvre des radiations sanctions, c’est l’offre "raisonnable" d’emploi qui cherche à contraindre à l’acceptation de n’importe quel emploi aux conditions dégradées, c’est le "suivi personnalisé" et le contrôle incessant, et bientôt, la mise en oeuvre du RSA, c’est à dire d’une fabrique à travailleurs pauvres.

Comme de coutume en matinée, le terre-plein central du bd de la Villette était occupé par les mini-étals des biffins de toutes nationalités qui pour survivre recyclent à très bas prix des trouvailles faites dans la rue et les poubelles : chaussures, articles ménagers, vêtements, etc.

Alors que, vers 10H40, la quarantaine de personnes présentes au rassemblement s’apprêtaient à prendre le métro pour se rendre à Pôle emploi, des agents de police à vélo s’en sont pris avec mépris et brutalité à ces vendeurs de peu, les menaçant de contrôles, bousculant les passants, éparpillant à coups de pieds les objets proposés à la vente.

Les manifestants ont clamé leur solidarité avec ces précaires parmi d’autres. L’un des policiers à vélo s’est alors saisi d’un manifestant et l’a frappé à plusieurs reprises avec une bombe lacrymogène en métal de grand format en alternant ces coups avec de nombreux envois de gaz à bout-portant sur des manifestants et des badauds.

D’autres policiers sont ensuite intervenus, dont l’un a lui aussi frappé à nouveau à coups de matraque télescopique la tête ensanglantée du manifestant interpellé. Après avoir menotté ce manifestant, le policier à vélo qui l’avait arrêté l’a encore frappé avec sa bombe lacrymogène et à coups de matraque, tandis que d’autres policiers, arrivés en nombre, éloignaient violemment les présents, dont de nombreux passants qui protestaient contre cette brutalité policière sans complexe, utilisant eux aussi du gaz lacrymogène, avant de l’emmener dans un véhicule au commissariat de la rue Éric Satie (Paris 19e).

Face à un probléme d’ordre public, y compris lorsqu’il est causé par la police elle-même, face à la contestation, les policiers s’estiment libres de choisir des boucs émissaires et comptent bien être suivis dans leur description des faits par la justice lorsqu’ils feront mettre en cause pour "outrage", "violences" et "rébellion" des personnes qu’ils ont eux-mêmes agressées. À moins qu’il ne concerne un journaliste ou une personnalité, le scénario paraît désormais banal. Il n’en reste pas moins inacceptable.

Pas plus que nous n’acceptons les menaces d’un Sarkozy lorsqu’il promet que "la personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on lui coupe tout !" (le 27 janvier 2009 à Chateauroux), nous n’acceptons que la police dispose du pouvoir d’entraver le droit de manifestation, de désigner des coupables et de faire condamner des précaires.

Croire qu’une unique prime de 200 euros pour certaines catégories, quelques mesurettes et le matraquage de la communication gouvernementale, alliés à une réponse policière omniprésente pourraient constituer une réponse à la crise sociale et politique induite par plus de 3 décennies de précarisation est tout bonnement stupide. Que l’on nous criminalise ou pas, nous continuerons à prendre nos affaires en main. Nous n’avons pas le choix.

Nous exigeons la libération immédiate du manifestant interpellé et l’abandon de toutes poursuites éventuelles à son encontre.

Dès que nous saurons si ce manifestant passe en comparution immédiate, avec les risques de mise en détention que cela comporte, nous le ferons savoir afin que cette audience soit effectivement publique et que la défense puisse y faire valoir ses droits.

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

Cip-idf

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