Les Bruits de la Ville : "Rénovation urbaine" au Mirail

vendredi 1er juillet 2022 , par Polo dans EMISSIONS


Le bulldozer de l’ANRU face aux habitant.es

photo prise à Lyon le 02/04/2010 lors de la destruction d’un immeuble

LA VIDÉO EST EN BAS DE L’ARTICLE

Depuis 2010 le projet de renouvellement urbain au Mirail prévoit de détruire les immeubles Gluck, Messager, Grand d’Indy, Poulenc et Cambert. Il y a bien eu des consultations publiques mais comme toujours elles ne furent pas l’occasion d’une réelle prise en compte de l’avis des personnes habitant dans ces résidences. Nous sommes allés à la rencontre de certain.es d’entre eux qui ne veulent pas quitter leurs logements et qui se sont réuni.es au sein de l’assemblée des habitant.es de la Reynerie afin de lutter et de s’entraider.

Dans les discours de la mairie de Toulouse et des responsables de l’ANRU la rénovation urbaine au Mirail c’est "Créer à l’Est du quartier de nouveaux logements attractifs et accessibles. Requalifier le cœur de quartier de la place Abbal et valoriser le site du lac et du château"
Un joli discours appuyé par des arguments qui sonnent toujours pareil, de la Plaine à Marseille jusqu’au Mirail à Toulouse. Il faudrait forcer une mixité sociale à tout prix comme si amener des riches dans les quartiers allait régler tous les problèmes ; le deal serait lié à la présence de ces bâtiments comme si détruire des immeubles allait supprimer les points de vente ; les quartiers seraient des "bombes à retardement" menaçant la république. On va éviter de continuer la litanie ...

Le cœur du projet tient surtout dans la volonté de démolir 5 grands immeubles en tripodes construits dans les années 60-70 . Ces logements ont pourtant de grandes qualités en terme d’aménagement, de surface et d’exposition. Les habitant.es défendent ces atouts en expliquant qu’ils ne retrouveront jamais d’appartements aussi grand au même prix s’ils acceptent les relogements proposés par leur bailleur. Il est vrai que ces immeubles ont besoin d’être entretenus et c’est pourquoi ils et elles défendent une rénovation de ces bâtiments plutôt qu’une démolition pure et simple pour reconstruire derrière. De plus il a été prouvé par d’autres projets de renouvellement urbain comme celui du quartier Grand Parc à Bordeaux que rénover des immeubles coûte beaucoup moins cher et a un impact environnemental bien moindre.

En plus de tous ces aspects pratiques, ce sont tous les liens sociaux et les solidarités mises en place depuis des années sur le quartier qui sont vouées à disparaître si l’on reloge toutes les familles. Les membres de l’assemblée sont bien conscients de la perte que cela représente et défendent la "vie de village" qui existe dans le quartier.

Mais ces bâtiments sont situés sur des terrains très attractifs à 10 minutes du centre-ville en métro avec un parc à proximité ce qui doit faire saliver plus d’un promoteur immobilier. Seul hic, il faudrait dégager les habitant.es.... On peine donc à croire que la volonté des institutions soit réellement la mise en place d’une mixité sociale. Les habitant.es penchent plus pour une volonté de "changer les têtes" comme l’aurait dit le maire de quartier lors d’une réunion en présence d’habitantes du quartier.

Alors chasse aux pauvres, chasse aux personnes racisées ou bien les deux ? En tout cas le visage de la "Rénovation Urbaine" n’est pas toujours celui que l’on croit.

PS : Les copain.es de l’Empaillé ont fait un joli dossier sur ce qu’il se passe à la Reynerie dans leur 6ème numéro n’hésitez pas à allez le chercher en kiosque et à visiter leur site https://lempaille.fr/

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