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Marseille capitale européenne du logement

jeudi 4 décembre 2008, par Patrick

Attention : les films de cette rubrique ne peuvent être reproduits ailleurs qu'avec l'autorisation de leur(s) auteur(s).

Un sommet informel des ministres européens du logement et de l’urbanisme avait lieu à Marseille le 24 novembre 2008. Ville particulièrement bien choisie pour aborder la situation des plus démunis. 21% de la population y souffre du mal logement.


Vidéo - I -

7’45’’

Le nord de la rue de la République reviendra-t-il au logement social ?

Après avoir violemment vidé les îlots dont elle avait fait l’acquisition, en intimidant ses habitants, la société Marseille République (faux nez des Lone Star Funds) a revendu son patrimoine au promoteur Atemi (qui signifie un coup porté sans arme à une partie vitale dans les arts martiaux japonais...) avec une plus-value de 94 millions d’Euros. Laquelle, filiale de la désormais célèbre banque Lehman Brothers, semble vouloir revendre rapidement les îlots acquis en une si faste période à des bailleurs sociaux. Ce serait la fin d’un cycle de spéculation entamé en 1987 dans le quartier qui pourrait en partie revenir à ses fonctions initiales, puisque la rue de la République comprenait déjà essentiellement des logements sociaux de fait (beaucoup de baux loi 1948 par exemple...) avant d’être dépecée par la spéculation.

Mais le cas de la rue de la République n’est que l’aspect le plus visible d’une tendance lourde à Marseille et ailleurs. Les quartiers populaires du nord et de l’est de la ville ont été pris d’assaut par les promoteurs pour édifier du bureau et du logement de standing dans le mouvement initié il y a déjà longtemps par la municipalité pour tenter de repousser les pauvres vers les banlieues.

Vidéo - II -

9’04’’

Grandes voltiges libérales et filet percé

Comme l’ont souligné les manifestations accompagnant ce sommet, la politique nationale en matière de logement social inscrite notamment dans la récente loi Boutin et le programme ANRU vient donc mettre le couteau sous la gorge d’une population déjà fragilisée.

On détruit et ne renouvelle qu’avec parcimonie, en tentant là encore de disperser les populations concernées, considérées comme indésirables, parce que poids mort fiscal, électoral et toujours suspectes de délinquance.

La loi du 5 mars 2007 dite loi DALO, sensée protéger des situations d’extrême urgence où la crise pousse de plus en plus de monde, laisse encore la plupart au stade des promesses.

Entre les conséquences catastrophiques désormais indéniables de la financiarisation grandissante du secteur logement et la poursuite sans faiblesse du programme libéral, l’étau se ressert donc.

Et sous la couverture médiatique et l’éphémère période d’indignation convenue face aux premiers morts de l’hiver, il n’est évidemment pas question d’investir dans des équipements d’asile aux sans domiciles fixes ou d’en finir avec la politique de stigmatisation des nomades.

Vidéo - III -

6’50’’

Pendant les sommets, la lutte continue

Ce sommet européen promettait donc d’être tout juste charitable, puisque la politique en matière de logement relève en fait de la compétence de chacun des états, qui se sont ici vaguement mis d’accord pour se concerter sur un phénomène étiqueté « sans-abrisme » pour l’occasion.

Parallèlement, le squat d’un bâtiment rue de la République voulait inviter à des actions concrètes et spontanées mais n’a pu durer qu’un début de soirée avant d’être évacué le matin du 23 novembre. Répression cohérente avec la condamnation du DAL, largement présent pendant ces journées à Marseille, à 12 000 € d’amende pour le campement de la rue de la Banque à Paris, qu’on apprenait le lendemain, jour même de l’ouverture du sommet.

Une manifestation le samedi réunissait quelques 500 personnes représentant une dizaine d’associations nationales et internationales, reçues le lundi sous forme de délégation par le représentant de cabinet de la ministre Boutin, le cortège croisant la mobilisation syndicale contre la privatisation de la Poste avant de s’installer en forum dans le quartier Noailles dans la salle du théâtre Mazenod.

Le plus prometteur était donc évidemment moins dans cette réunion des représentants politiques que dans la mobilisation qu’elle a suscité dont on espère bien qu’elle aura des suites, vu l’urgence de la situation.

Vidéo - IV -

7’46’’

Pour en savoir plus :

- Le site du contre sommet

- Reportages de Radio Grenouille

- Le récit du squat de la rue de la République

- Le site du bazar européen

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1 commentaire
  • Pétition contre la condamnation du DAL 5 décembre 2008 10:17

    Droit au Logement a été condamné à une amende de 12 000 euros et à la confiscation (comme les enfants de Don Quichotte) des 319 tentes arrachées aux familles sans logis par la police à cinq reprises lors de leur campement, devant le 24 rue de la Banque, fin 2007. Cette décision de justice diligentéé par l’Etat vise à museler le DAL qui depuis 18 ans combat pour ce droit fondamental, interpelle les différents gouvernements et a obtenu le relogement de dizaine de milliers de foyers sans toit, ou mal logés. Elle a été rendue pour décourager les associations les associations de défense des sans toit, et les sans logis qui relévent la tête.

    L’infraction reprochée au DAL est destiné à sanctionner les personnes qui « embarrassent la voie publique en y déposant ou y laissant sans nécessité des matériaux ou objets quelconques » (art R644 du code pénal). Non seulement cette condamnation est insultante pour ceux qui souffrent de la crise au logement, en les assimilant à des « objets quelconques », mais elle pourrait si elle reste en l’état être utilisée contre n’importe quel sans abri ou mal logés dormant dans la rue.

    Cette décision vise a museler le DAL qui depuis 18 ans harcèle les différents gouvernements pour qu’ils apportent des réponses concrètes aux victimes de la crise du logement, familles migrants, personnes vulnérable... et aobtenu le relogement de dizaines de milliers de personnes, quelques soient leur revenus ou leur nationalité. Le DAL fera appel à cette décision, et a besoin de votre soutien aussi bien financier que militant ou bénévole.

    * Envoyer un don à l’ordre du DAL, 24 rue de la Banque, 75002 Paris.
    * Apporter votre aide, contact : 01.42.78.22.00 ou 01.40.27.92.98.
    o Signer la Pétition « Contre la condamnation du DAL »

    Participer aux initiatives prévues dans les prochaines jours :
    Dimanche 14 décembre, à midi 24 rue de la Banque Paris 2e : un an après le campement des 374 familles sans logis, L’Etat doit encore reloger 240 familles,...

    * Merci de votre soutien.

    Voir en ligne : petition

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